dimanche 5 novembre 2017

Un début à tout: recevoir une fessée (féminisme et fessée)


Comme beaucoup d'hommes dans leur situation, une grande partie des femmes se demande si l'envie d'être fessée est "normale" ou non, si elles doivent y céder, si c'est compatible avec l'image qu'elles se font de la femme moderne.
En France, je n'ai pas réellement relevé beaucoup de textes à ce sujet (d'ailleurs si vous en trouvez, n'hésitez pas à me les signaler), ce qui contribue à renforcer ce questionnement, les inhibitions et les complexes qui vont avec.
Fort heureusement, la presse américaine, plus pragmatique, et en un certain sens plus libre, compte plusieurs chroniqueuses qui n'hésitent pas à s'afficher et à porter le débat sur ce genre de sujet.
Et si ces Américaines parvenaient à décomplexer certaines, et peut-être même certains d'entre vous qui ont le même problème avec l'image de l'homme que les femmes avec l'image de la femme, au sujet de la pratique de la fessée et en particulier de la recevoir ?

Jessica est une
journaliste qui écrit sur les sujets politiques, sociétaux et culturels des femmes. Elle s'affiche comme féministe militante et convaincue.


En plus de bloguer quotidiennement pour
YourTango, elle a écrit pour Bitch magazine, Salon.com's Broadsheet blog, Feministing.com, the New York Daily News, Huffington Post, Radar magazine, radaronline.com, Fairness & Accuracy in Reporting, ForbesTraveler.com, TheStreet.com, and the New York Press.
Elle est
de Fairfield, Connecticut, et a étudié le journalisme et les études sociologiques de la différence sexuelle à l'Université de New York. Elle vit à New York City.
Son article a été traduit d'une publication parue dans le webzine The Frisky, il y a déjà 8 ans.

Un début à tout: recevoir une fessée



Ma première fessée date de la fête de mon 16ème anniversaire. Mes amis garçons m'ont plaquée sur le sol de la cuisine et m'ont flanqué chacun à leur tour 16 claques sur les fesses. Et peut-être une de plus pour me souhaiter bonne chance. Je ne me souviens pas. Une fois libérée, j'étais furieuse. J'étais mortifiée.
Et j'étais terriblement excitée. 

 J'étais une bonne fille... Et puis j'ai découvert la fessée.

Le jour, j'étais en mineure d'études féministes, j'écrivais un éditorial féministe hebdomadaire pour le journal des étudiants, et j'étais Présidente de la National Organization of Women (Organisation Nationale des Femmes) sur le campus. La nuit, je ne voulais vraiment, vraiment, vraiment juste qu'être fessée.

Dans les années qui ont suivi, j'ai reçu quelques fessées par jeu, pendant lesquelles à chaque fois je me tordais, je gloussais, et essayais de me dégager. Mon premier petit ami sérieux aimait me claquer le cul par jeu, de même que mon second petit ami sérieux. Plus je protestais, leur disant en riant d'arrêter, plus ils le faisaient. Et recevoir des fessées par jeu conduisait toujours, toujours à me faire tripoter. J'y repense maintenant et je constate que ces deux gars ont réalisé que j'aimais être fessée longtemps avant que je ne le fasse.
Vous pourriez dire que j'étais dans le déni à propos de mon fétiche de fessée. Non pas que je pensasse que claquer un derrière fût un abus, ou que mon éducation amidonnée de WASP (White Anglo-Saxon Protestant : protestant anglo-saxon blanc) en fût responsable. Non, le problème était mes sensibilités féministes. Je réalise maintenant que le terme “féminisme” est vague et veut dire différentes choses pour des gens différents, mais quand j'étais plus jeune, je supposais qu'il y avait une façon dont une féministe devrait penser et agir. Alors, bien que j'aimasse la sensation de recevoir une fessée, je me sentais en conflit sur le sujet d'abandonner ma puissance physique, pensant que la fessée n'était pas une chose à laquelle une femme indépendante et aux idées arrêtées devrait prendre plaisir. Juste comment, ça m'a tracassé, un partenaire pourrait-il sérieusement me prendre pour une penseuse, une femme d'action, et une créatrice si je veux lui être soumise? Quid si les gens pensent que je suis bizarre ou perturbée?

Quand mon petit ami me fesse, ma féministe intérieure pleure
Mais ça me fait tellement de bien

Mais ma pulsion sexuelle s'est montrée plus puissante que mes complexes et la fessée est devenue une tournure principale —quoique honteuse— de ma vie sexuelle à l'université.
Le jour, j'étais en mineure d'études féministes, j'écrivais un éditorial féministe hebdomadaire pour le journal des étudiants, et j'étais Présidente de la National Organization of Women (Organisation Nationale des Femmes) sur le campus. La nuit, je ne voulais vraiment, vraiment, vraiment juste qu'être fessée.




 Si je demande gentiment, tu me donneras une fessée ?

Et je l'étais, par quelques mecs différents qui, à des degrés divers, étaient d'accord avec le fait de me flanquer des fessées. Mais je ressentais encore une sorte de honte parce qu'eux-mêmes n'en tiraient pas de plaisir, mais ils me fessaient quand même parce qu'ils savaient que ça me rendait heureuse.



A 21 ans, juste après l'obtention de mes diplômes universitaires, j'ai commencé à sortir avec Brandon, 22 ans, brillant, charismatique, sûr de lui. J'aimais la façon dont sa personnalité dominante, arrogante même, se manifestait entre les draps. (En réalité, le seul endroit où je pouvais tolérer une telle personnalité). Je n'ai pas eu à lui demander de me fesser ou de me dominer parce qu'il l'a fait naturellement, et je n'avais pas l'impression d'avoir à “choisir” d'être soumise.


Mais quand nous avons rompu après neuf mois, je savais que je voulais que le prochain mec avec qui je sortirai soit dominant au lit, comme Brandon l'avait été. J'ai fait quelques recherches sur Google sur les fétiches de soumission et de fessée et ai découvert qu'il existait aussi beaucoup d'autres fétiches pour les gens.
On avance très vite de quelques années, et de quelques relations sexuellement insatisfaisantes, vers Charles, le premier mec qui m'a fait ressentir qu'il n'y avait rien de mal ou de non-féministe dans le fait de vouloir être fessée. Je connaissais Charles depuis des années, donc il connaissait mon activisme féministe et ce que j'écrivais au sujet des femmes. Dès lors que Charles a appris mon fétichisme de domination/soumission, il a su —et respecté— à quel point je me sentais écartelée. Charles voulait fesser une femme aussi intensément que je voulais être fessée, et ça c'était ce qui lui importait. Plus, il avait ramé avec des partenaires apathiques, comme je l'avais fait, et il possédait un paddle (voir illustration ci-dessous, NdT.)! Hélas, Charles avait aussi une petite amie.

Non pas que ça nous ait arrêtés. Non, nous étions égoïstes: Charles trompait sa petite amie avec moi. Mais ces quelques semaines furent sexuellement électriques, passionnées et merveilleuses. Et complètement autres que de ressentir la culpabilité pour la tromperie, je ne me sentais pas honteuse de ce que nous faisions. Recevoir des fessées et être dominée au lit par un partenaire enthousiaste a été le sentiment le plus sexuellement libérateur de toute ma vie.
Finalement, Charles et moi avons interrompu notre relation quand il n'a pas voulu rompre avec sa petite amie. J'ai parlé avec ma thérapeute, le Dr. B, sur la façon dont la partie affective de notre relation n'avait pas bien marché, mais mon alchimie sexuelle avec Charles avait mis en plein dans le mille. 

Toutefois, au lieu de m'occuper de la manière dont je me sentais déçue que ma relation intime soit terminée, ou pourquoi je m'étais encore fourrée dans une autre relation avec un homme indisponible affectivement, le Dr. B se concentra sur pourquoi j'aimais être fessée. Elle a continué à diriger la discussion en revenant sur ce qu'être soumise doit vouloir dire dans le grand plan des choses. Ai-je pensé que c'était mal? Ai-je pensé que le sexe soit mal? Ai-je pensé que je méritait d'être punie? Étais-je en train de résoudre ma relation avec mes parents? Était-ce œdipien?
Non, ai-je continué à lui répondre: je n'étais pas frappée étant enfant, je n'ai jamais été abusée par mes parents, je ne suis jamais sortie avec un homme violent, et je ne frapperai jamais mes propres enfants. Mais semaine après semaine, elle me posait les mêmes questions, et je lui répondais, non, je ne me hais toujours pas, et je n'ai toujours pas été abusée étant enfant.
Ah le frisson des souvenirs d'enfance !

J'avais pris Psychologie de l'Enfant et j'ai demandé à ma maman de décrire son idée de la Psychologie de l'Enfant... alors elle m'a flanqué une fessée.

Finalement, notre relation thérapeute-patient prit fin, aussi, quand j'ai réalisé que le Dr. B ne pigeait rien et selon toute probabilité ne le ferait jamais. Je me remettais de ma mésentente, et là elle me la remettait sur le tapis. Je suis peut-être une soumise, mais je n'allais pas supporter le jugement de ma psy!

Je transige toujours avec mes convictions féministes, et la façon dont elles interagissent avec mon désir de soumission dans le sexe, en particulier mon fétichisme de la fessée. A ce stade de ma vie, à 25 ans, je me sens finalement à l'aise en choisissant d'être soumise dans la chambre dans une relation avec un homme, aussi longtemps qu'il choisira de se comporter en dominant et qu'il me respectera hors de la chambre. Mon amour d'une bonne fessée n'est plus un conflit pour moi. En fait, je me respecte plus que je ne l'ai jamais fait parce que je sais exactement ce qui me plaît et que je n'ai pas peur de le demander.

J'aime la fessée

Cela m'a pris beaucoup trop d'années pour réaliser que ce n'était pas trop féministe de ma part de maintenir l'ordre dans ma propre sexualité, de l'étiqueter “bonne pour le féminisme” ou “mauvaise pour le féminisme.” Elle est ce qu'elle est! Ensuite j'ai vu “Milk,” le film sur l'activiste des droits gay Harvey Milk, j'ai décidé que je voulais être quelqu'un qui admet complètement sa sexualité, même si elle n'est pas traditionnelle. Je n'en ai plus honte, et je n'ai pas à ménager la chèvre et le chou autour de moi en me demandant ce que je veux vraiment: je dois absolument être soumise et souvent fessée, quand ce n'est pas à chaque fois, afin de trouver du plaisir au sexe.


Bien que ma vie sexuelle soit meilleure que jamais, c'est plus important pour moi d'avoir compris comment pour moi je définis mon féminisme. L'excitation d'une relation de domination/soumission pourrait ne pas fonctionner pour d'autres femmes ou hommes qui utilisent le même label “féministe” que moi, mais je ne me soucie plus d'eux. Je sais que je peux prendre plaisir à une dynamique de chambre à coucher qui, en dehors de la chambre, ne serait pas acceptable. Et je peux encore m'appeler une féministe.

Alors, qu'en pensez-vous ?


1 commentaire:

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