dimanche 5 novembre 2017

Un début à tout: recevoir une fessée (féminisme et fessée)


Comme beaucoup d'hommes dans leur situation, une grande partie des femmes se demande si l'envie d'être fessée est "normale" ou non, si elles doivent y céder, si c'est compatible avec l'image qu'elles se font de la femme moderne.
En France, je n'ai pas réellement relevé beaucoup de textes à ce sujet (d'ailleurs si vous en trouvez, n'hésitez pas à me les signaler), ce qui contribue à renforcer ce questionnement, les inhibitions et les complexes qui vont avec.
Fort heureusement, la presse américaine, plus pragmatique, et en un certain sens plus libre, compte plusieurs chroniqueuses qui n'hésitent pas à s'afficher et à porter le débat sur ce genre de sujet.
Et si ces Américaines parvenaient à décomplexer certaines, et peut-être même certains d'entre vous qui ont le même problème avec l'image de l'homme que les femmes avec l'image de la femme, au sujet de la pratique de la fessée et en particulier de la recevoir ?

Jessica est une
journaliste qui écrit sur les sujets politiques, sociétaux et culturels des femmes. Elle s'affiche comme féministe militante et convaincue.


En plus de bloguer quotidiennement pour
YourTango, elle a écrit pour Bitch magazine, Salon.com's Broadsheet blog, Feministing.com, the New York Daily News, Huffington Post, Radar magazine, radaronline.com, Fairness & Accuracy in Reporting, ForbesTraveler.com, TheStreet.com, and the New York Press.
Elle est
de Fairfield, Connecticut, et a étudié le journalisme et les études sociologiques de la différence sexuelle à l'Université de New York. Elle vit à New York City.
Son article a été traduit d'une publication parue dans le webzine The Frisky, il y a déjà 8 ans.

Un début à tout: recevoir une fessée



Ma première fessée date de la fête de mon 16ème anniversaire. Mes amis garçons m'ont plaquée sur le sol de la cuisine et m'ont flanqué chacun à leur tour 16 claques sur les fesses. Et peut-être une de plus pour me souhaiter bonne chance. Je ne me souviens pas. Une fois libérée, j'étais furieuse. J'étais mortifiée.
Et j'étais terriblement excitée. 

 J'étais une bonne fille... Et puis j'ai découvert la fessée.

Le jour, j'étais en mineure d'études féministes, j'écrivais un éditorial féministe hebdomadaire pour le journal des étudiants, et j'étais Présidente de la National Organization of Women (Organisation Nationale des Femmes) sur le campus. La nuit, je ne voulais vraiment, vraiment, vraiment juste qu'être fessée.

Dans les années qui ont suivi, j'ai reçu quelques fessées par jeu, pendant lesquelles à chaque fois je me tordais, je gloussais, et essayais de me dégager. Mon premier petit ami sérieux aimait me claquer le cul par jeu, de même que mon second petit ami sérieux. Plus je protestais, leur disant en riant d'arrêter, plus ils le faisaient. Et recevoir des fessées par jeu conduisait toujours, toujours à me faire tripoter. J'y repense maintenant et je constate que ces deux gars ont réalisé que j'aimais être fessée longtemps avant que je ne le fasse.
Vous pourriez dire que j'étais dans le déni à propos de mon fétiche de fessée. Non pas que je pensasse que claquer un derrière fût un abus, ou que mon éducation amidonnée de WASP (White Anglo-Saxon Protestant : protestant anglo-saxon blanc) en fût responsable. Non, le problème était mes sensibilités féministes. Je réalise maintenant que le terme “féminisme” est vague et veut dire différentes choses pour des gens différents, mais quand j'étais plus jeune, je supposais qu'il y avait une façon dont une féministe devrait penser et agir. Alors, bien que j'aimasse la sensation de recevoir une fessée, je me sentais en conflit sur le sujet d'abandonner ma puissance physique, pensant que la fessée n'était pas une chose à laquelle une femme indépendante et aux idées arrêtées devrait prendre plaisir. Juste comment, ça m'a tracassé, un partenaire pourrait-il sérieusement me prendre pour une penseuse, une femme d'action, et une créatrice si je veux lui être soumise? Quid si les gens pensent que je suis bizarre ou perturbée?

Quand mon petit ami me fesse, ma féministe intérieure pleure
Mais ça me fait tellement de bien

Mais ma pulsion sexuelle s'est montrée plus puissante que mes complexes et la fessée est devenue une tournure principale —quoique honteuse— de ma vie sexuelle à l'université.
Le jour, j'étais en mineure d'études féministes, j'écrivais un éditorial féministe hebdomadaire pour le journal des étudiants, et j'étais Présidente de la National Organization of Women (Organisation Nationale des Femmes) sur le campus. La nuit, je ne voulais vraiment, vraiment, vraiment juste qu'être fessée.




 Si je demande gentiment, tu me donneras une fessée ?

Et je l'étais, par quelques mecs différents qui, à des degrés divers, étaient d'accord avec le fait de me flanquer des fessées. Mais je ressentais encore une sorte de honte parce qu'eux-mêmes n'en tiraient pas de plaisir, mais ils me fessaient quand même parce qu'ils savaient que ça me rendait heureuse.



A 21 ans, juste après l'obtention de mes diplômes universitaires, j'ai commencé à sortir avec Brandon, 22 ans, brillant, charismatique, sûr de lui. J'aimais la façon dont sa personnalité dominante, arrogante même, se manifestait entre les draps. (En réalité, le seul endroit où je pouvais tolérer une telle personnalité). Je n'ai pas eu à lui demander de me fesser ou de me dominer parce qu'il l'a fait naturellement, et je n'avais pas l'impression d'avoir à “choisir” d'être soumise.


Mais quand nous avons rompu après neuf mois, je savais que je voulais que le prochain mec avec qui je sortirai soit dominant au lit, comme Brandon l'avait été. J'ai fait quelques recherches sur Google sur les fétiches de soumission et de fessée et ai découvert qu'il existait aussi beaucoup d'autres fétiches pour les gens.
On avance très vite de quelques années, et de quelques relations sexuellement insatisfaisantes, vers Charles, le premier mec qui m'a fait ressentir qu'il n'y avait rien de mal ou de non-féministe dans le fait de vouloir être fessée. Je connaissais Charles depuis des années, donc il connaissait mon activisme féministe et ce que j'écrivais au sujet des femmes. Dès lors que Charles a appris mon fétichisme de domination/soumission, il a su —et respecté— à quel point je me sentais écartelée. Charles voulait fesser une femme aussi intensément que je voulais être fessée, et ça c'était ce qui lui importait. Plus, il avait ramé avec des partenaires apathiques, comme je l'avais fait, et il possédait un paddle (voir illustration ci-dessous, NdT.)! Hélas, Charles avait aussi une petite amie.

Non pas que ça nous ait arrêtés. Non, nous étions égoïstes: Charles trompait sa petite amie avec moi. Mais ces quelques semaines furent sexuellement électriques, passionnées et merveilleuses. Et complètement autres que de ressentir la culpabilité pour la tromperie, je ne me sentais pas honteuse de ce que nous faisions. Recevoir des fessées et être dominée au lit par un partenaire enthousiaste a été le sentiment le plus sexuellement libérateur de toute ma vie.
Finalement, Charles et moi avons interrompu notre relation quand il n'a pas voulu rompre avec sa petite amie. J'ai parlé avec ma thérapeute, le Dr. B, sur la façon dont la partie affective de notre relation n'avait pas bien marché, mais mon alchimie sexuelle avec Charles avait mis en plein dans le mille. 

Toutefois, au lieu de m'occuper de la manière dont je me sentais déçue que ma relation intime soit terminée, ou pourquoi je m'étais encore fourrée dans une autre relation avec un homme indisponible affectivement, le Dr. B se concentra sur pourquoi j'aimais être fessée. Elle a continué à diriger la discussion en revenant sur ce qu'être soumise doit vouloir dire dans le grand plan des choses. Ai-je pensé que c'était mal? Ai-je pensé que le sexe soit mal? Ai-je pensé que je méritait d'être punie? Étais-je en train de résoudre ma relation avec mes parents? Était-ce œdipien?
Non, ai-je continué à lui répondre: je n'étais pas frappée étant enfant, je n'ai jamais été abusée par mes parents, je ne suis jamais sortie avec un homme violent, et je ne frapperai jamais mes propres enfants. Mais semaine après semaine, elle me posait les mêmes questions, et je lui répondais, non, je ne me hais toujours pas, et je n'ai toujours pas été abusée étant enfant.
Ah le frisson des souvenirs d'enfance !

J'avais pris Psychologie de l'Enfant et j'ai demandé à ma maman de décrire son idée de la Psychologie de l'Enfant... alors elle m'a flanqué une fessée.

Finalement, notre relation thérapeute-patient prit fin, aussi, quand j'ai réalisé que le Dr. B ne pigeait rien et selon toute probabilité ne le ferait jamais. Je me remettais de ma mésentente, et là elle me la remettait sur le tapis. Je suis peut-être une soumise, mais je n'allais pas supporter le jugement de ma psy!

Je transige toujours avec mes convictions féministes, et la façon dont elles interagissent avec mon désir de soumission dans le sexe, en particulier mon fétichisme de la fessée. A ce stade de ma vie, à 25 ans, je me sens finalement à l'aise en choisissant d'être soumise dans la chambre dans une relation avec un homme, aussi longtemps qu'il choisira de se comporter en dominant et qu'il me respectera hors de la chambre. Mon amour d'une bonne fessée n'est plus un conflit pour moi. En fait, je me respecte plus que je ne l'ai jamais fait parce que je sais exactement ce qui me plaît et que je n'ai pas peur de le demander.

J'aime la fessée

Cela m'a pris beaucoup trop d'années pour réaliser que ce n'était pas trop féministe de ma part de maintenir l'ordre dans ma propre sexualité, de l'étiqueter “bonne pour le féminisme” ou “mauvaise pour le féminisme.” Elle est ce qu'elle est! Ensuite j'ai vu “Milk,” le film sur l'activiste des droits gay Harvey Milk, j'ai décidé que je voulais être quelqu'un qui admet complètement sa sexualité, même si elle n'est pas traditionnelle. Je n'en ai plus honte, et je n'ai pas à ménager la chèvre et le chou autour de moi en me demandant ce que je veux vraiment: je dois absolument être soumise et souvent fessée, quand ce n'est pas à chaque fois, afin de trouver du plaisir au sexe.


Bien que ma vie sexuelle soit meilleure que jamais, c'est plus important pour moi d'avoir compris comment pour moi je définis mon féminisme. L'excitation d'une relation de domination/soumission pourrait ne pas fonctionner pour d'autres femmes ou hommes qui utilisent le même label “féministe” que moi, mais je ne me soucie plus d'eux. Je sais que je peux prendre plaisir à une dynamique de chambre à coucher qui, en dehors de la chambre, ne serait pas acceptable. Et je peux encore m'appeler une féministe.

Alors, qu'en pensez-vous ?


samedi 7 octobre 2017

Fessée, oui, mais quelle fessée ?


Dans le monde vanille, lorsque l’on parle de fessée, ce qui vient à l’esprit est la désormais interdite (?) fessée punitive envers les enfants. Je ne prendrai aucun parti sur le sujet ici.
Quelques adultes vanille évoquent parfois des clubs spéciaux, comme le fit Pascal Dupraz, alors entraîneur de l’équipe professionnelle d’Evian-Thonon-Gaillard lors d’une conférence de presse restée célèbre* mais de l’extérieur, le monde de la fessée semble bien limité. Or tous ceux qui ont osé soit se renseigner sérieusement, soit se rendre de l’autre côté du miroir, savent à quel point la fessée peut être multiple, variée, protéiforme, au point où il peut être difficile de s’y retrouver et où quelques auteurs ont esquissé un début de classification afin d’y voir plus clair malgré des frontières très floues.


Classification en fonction de la position de la personne fessée
(touchant les orteils, penchée en avant, touchant les orteils jambes jointes, agenouillée, sur le dos, sur les genoux, penchée à plat)

 Classification en fonction de la position de la personne fessée et de l'instrument
(sur le lit -avec une ceinture ?-, en position d'être langé(e) -avec une badine ?-, sur les genoux -avec votre main ?-, contre un objet -avec un battoir ?- : de quelque façon que vous fessez, assurez-vous de la sécurité de votre partenaire)

 Classifications en fonction de la position de la personne fessée, de l'instrument, du motif et des ajouts
(les formes de punition : sur les genoux, mains sur le sol, toucher vos orteils, à quatre pattes, genoux à la poitrine, lange;
fessée : main, règle, tawse, battoir, canne, autre (veuillez spécifier);
punition additionnelle : coin, savonnage de bouche, savonnage de derrière, récurage, lavement, figging -insertion d'un morceau de racine au gingembre pelée dans l'orifice anal ou vaginal causant une sensation de brûlure intense-
, autre (veuillez spécifier),
raison de la fessée, remarques des autorités disciplinaires)

Classifications en fonction de l'intensité de couleur de la fessée : tableau de fessée, vous avez été vilain(e) à quel point ?; trouvez la nuance parfaite pour chaque fessée !;
espiègle, mal élevé(e), vilain(e), mal comporté(e), mauvais(e), très mauvais(e), pour adultes consentants seulement)

Après quelques lustres à pratiquer cette passion, j’aimerais apporter ma modeste contribution. Pour ma part, les différences fondamentales -si j’ose dire- ne résident pas dans l’intensité ou dans l’instrumentation, mais dans l’objectif de chaque fessée, étant bien entendu que là aussi les frontières ne sont pas solidement établies et qu’une même fessée peut les traverser et se targuer d’atteindre plusieurs de ces objectifs.

 
(sensuelle, passionnée, aventureuse, vilaine, coquine)
 

 Classification en fonction des objectifs de la fessée, en français et en anglais


Néanmoins, il me semble que l’on peut distinguer 7 types principaux de fessée :

- La fessée de baptême : celle-là, elle n’a lieu qu’une fois !
Souvent très chargée en émotions, elle est celle qui peut tout déclencher. En général, elle a été soigneusement préparée par une discussion approfondie, mais tous les cas sont possibles, y compris cette déculottée impromptue mais révélatrice qui va vous pousser à votre grande surprise à vous débrouiller, après réflexion plus ou moins longue et compliquée, pour en recevoir une autre !
Si elle a été préparée, la pratique exige de prendre quelques précautions pour vous amener à vivre complètement le fantasme, c’est pourquoi elle est souvent très progressive, tant pour l’intensité que pour le déshabillage (pour ma part, elle doit obligatoirement se terminer cul nu afin de faire tester tous les aspects de la pratique), et elle démarre rarement sans que les deux protagonistes se soient entendus sur des « mots magiques » capables de la stopper à tout moment, voire de la moduler au besoin.
C’est la fessée des précautions, de l’incertitude, de l’initiation : dans l’absolu, il faut qu’elle soit réussie, le but étant que les deux protagonistes aient envie de continuer à pratiquer la discipline, c’est le cas de le dire. Souvent, un débriefing soigné permet ensuite de passer si besoin à la vitesse supérieure, ou d’accorder au mieux les attentes des deux complices.
Par la suite, on peut retrouver des émotions comparables, mais rarement aussi intenses, par d’autres premières expériences : la première fessée avec instrument, avec complète nudité, en public avec public initié, en public avec public vanille, le dit public pouvant être à chaque fois plus ou moins limité, la première où on renonce volontairement au « mot magique » pour faire confiance à son fesseur, ce qui suppose que la fessée va être conséquente et qu’elle fera mal, vraiment mal, la première avec une demande d’aller si possible jusqu’aux larmes, etc...-

La fessée sexuelle : celle qui pimente les préliminaires ou les ébats entre adultes consentants.
Jeux de rôles bien établis ou initiatives spontanées, il s’agit ici de renforcer l’excitation des partenaires avant ou pendant le coït, en se basant sur le fait que -sauf blocage psychologique- les fesses sont une zone fortement érogène, avec en prime la zone anale, et que l’afflux de sang au niveau du bassin favorise la jouissance. Là encore ces dames sont favorisées : il existe une liaison physique claire entre la masse des fesses et le sexe, au point où la vulve peut s’ouvrir sans qu’on la touche, rien qu’en tirant sur les fesses. La fessée permet donc d’entretenir entre les lèvres sexuelles des déplacements, des frottements aidant à l’excitation.
La nudité totale, souvent de mise, peut participer à cette excitation, la pratique de la levrette et de la sodomie aussi, avec ou sans strap-on. Rarement sévère, à moins de lutter contre la frigidité ou l’impuissance, se limitant parfois à quelques claques stimulantes, elle peut aussi être plus piquante et participer grandement à la chaleur du moment.
Certains auteurs, comme l’académicien Jacques Laurent, ont décrit la sensation acidulée d’un cri d’orgasme qui mêle plaisir intense et douleur, en y ajoutant parfois de la surprise. Les sondages la montrent plus souvent pratiquée qu’on le dit, il doit y avoir des raisons...



- Es-tu sûre que je doive claquer ton splendide arrière-train ? Ne devrais-je pas utiliser des gants en laine ou autre chose ?
- Je suis sûre, mon doux ami. La douleur n'est-elle pas le but de tout ça ?

- La fessée sensuelle : celle qui distingue la gourmandise, à laquelle elle veut appartenir, de la luxure, qui est l'apanage de la fessée sexuelle.
Bien entendu, une fessée est forcément sensuelle, par le toucher obligatoirement, au moins celui ressenti par les fesses, qui demeure même dans le cas d’une fessée par instrument où les deux complices ne se touchent pas, mais aussi par la vue -même la personne fessée peut aller admirer le changement de couleur de son postérieur et l’étendue des dégâts, selon l’expression consacrée-, et par l’ouïe -une fessée, ça fait du bruit, un peu, beaucoup…-, soit trois des cinq sens reconnus.
La particularité de la fessée sensuelle serait de se suffire en principe à elle-même, en recherchant des satisfactions à la fois sensuelles et cérébrales, rien que pour le plaisir de s’exhiber (ou dans le rôle opposé pouvoir jouir d’un spectacle peu commun), de braver les interdits sociaux et le politiquement correct, de sentir des zones érogènes ciblées être stimulées, ou pour avoir le privilège de les stimuler alors que les règles habituelles de la vie sociale le prohibent, pour sentir son derrière chauffer, sa chaleur pouvant se communiquer à d’autres organes, surtout chez les dames (voir ci-dessus)...
Bref, la fessée sensuelle est une fête à sensations. Mais en principe elle ne doit pas déraper vers une fessée sexuelle de préliminaire, seul son délicieux souvenir pouvant servir d’aiguillon à une jouissance ultérieure. C’est la fessée du plaisir quand on ne veut pas tromper son conjoint, qui peut par contre indirectement profiter ensuite de l’excitation ressentie lors de la fessée... donnée par un tiers, ou quand on aspire à une bonne déculottée sans vouloir paraître en recherche d’une relation sexuelle. Cela peut donc aussi être la fessée très conviviale d’un bon moment entre amis, ou la fessée ludique qui ne se prend pas très au sérieux mais qui procure quand même de bonnes sensations.
Mais une bonne fessée peut échauffer les sens, et, entre adultes consentants, le risque de basculer -c’est le cas de le dire- vers d’autres horizons n’est pas à négliger : attention et rigueur sont requises si on veut que cette fessée reste sensuelle et seulement sensuelle. La catégorie englobe souvent celle de la fessée de baptême et peut être à la fessée thérapeutique ce qu’un traitement de fond homéopathique est à la médecine allopathique.

 



 
 


Une petite fessée entre amis ?

 - La fessée thérapeutique : oui, la fessée peut soigner !
Pas les plaies du corps, bien sûr, mais quelques plaies de l’âme parfois…
Soyons clairs quand même : l’essentiel des vertus thérapeutiques de la fessée réside dans cette capacité à détendre la personne qui la reçoit, à éliminer le stress, à lui permettre de s’exprimer dans le cadre d’une prise en charge complète, sans les obligations des règles sociales habituelles, que cette expression prenne la forme de gesticulations incontrôlées, de « caprices », de cris ou de pleurs. Tout ceci est alors permis, voire recommandé, contrairement à ce qui se passe dans la « vraie » vie. La fessée peut être vécue comme un espace de liberté. Comme certains massages, la fessée dénoue les tensions, mais aussi peut faire remonter des émotions enfouies et permettre des régressions.
La dimension psycho-thérapeutique peut donc exister et elle commence à être reconnue et à afficher pignon sur rue, en particulier aux U.S.A., mais aussi en Europe. Cela nécessite attention et un minimum d’écoute et de compétence de la part de la personne qui fesse…
A la fin de la fessée, les récipiendaires doivent se sentir plus calmes, détendus, apaisés. Si les fessées thérapeutiques n’ont pas forcément besoin d’une très grande intensité, il est donc souvent nécessaire de les faire durer, et de maintenir un rythme relativement régulier, afin de faciliter le « lâcher-prise » si convoité. Mais certaines personnes ont aussi besoin d’une intensité plus forte, voire très forte, et moins régulière pour briser leurs résistances, et on peut se rapprocher là de certaines fessées punitives ou expiatoires. De même, la détente peut quelquefois favoriser l’éclosion inopinée d’un orgasme… Ne vous excusez pas, ça peut arriver.
Sur un autre plan, il faut aussi savoir que d’avoir dû affronter la fessée, d’avoir osé aller jusqu’au bout de la démarche, peut contribuer à rendre de l’assurance à qui en manque. Cela peut paraître contre-intuitif, mais les personnes fessées sont souvent plus sûres d’elles socialement, moins craintives sur leur destin qu’avant d’avoir osé franchir le pas.
Enfin, il faut savoir que flanquer une bonne fessée, acte capable quelquefois de rétablir une forme de communication, peut aussi apaiser grandement les nerfs...
Qu'est-ce que la fessée thérapeutique ? La fessée thérapeutique est le type de fessée où le but est la libération des émotions à la place d'objectifs de préliminaire sexuel ou de punition.
 


 Flanquer une bonne fessée peut aussi apaiser grandement les nerfs...
Les attitudes problématiques nécessitent une thérapie comportementale

- La fessée punitive : on se rapproche le plus de la fessée infantile d’antan, c’est la fessée sanction.
Son intensité varie énormément en fonction de la « faute » et des attentes des récipiendaires. C’est à peu près la seule qui peut éventuellement ne pas être administrée cul nu, mais le déculottage en est une composante extrêmement importante, pouvant être compris comme une sanction supplémentaire censée ajouter de la honte au châtiment.
Au choix, les récipiendaires peuvent être considérés comme adultes ayant fauté et méritant une fessée d’autant plus humiliante, justement, qu’ils sont adultes, ou peuvent avoir droit à une régression qui les emmènent de la petite enfance jusqu’à l’adolescence en fonction de leurs fantasmes. Pour certaines personnes, c'est aussi la fessée du souvenir, de la mémoire, mais cela tend à disparaître...
Bien entendu, on doit pouvoir reprocher quelque chose à la personne fessée : en ce cas elle peut soit l’avouer « spontanément » lors d'un interrogatoire, soit être prise en défaut par une personne qui aura autorité, qui n'est d’ailleurs pas forcément celle qui infligera la punition.
En cas de sentiment plus ou moins pesant de culpabilité, cette fessée peut aussi avoir des vertus psycho-thérapeutiques et anti-stress. En cas de faute très grave, de perturbation morale de la personne fessée, on peut entrer dans le champ de la fessée expiatoire.
Qu'est-ce que la fessée punitive ? La fessée punitive est le type de fessée où la personne fessée, soit s'est mal comportée, soit a enfreint une règle à propos de laquelle les deux partis s'étaient mis d'accord pour qu'il en résulte une fessée.
Les fessées punitives sont les conséquences acceptées d'une action et elles sont suivies du pardon du fesseur (de la fesseuse) après avoir assumé les conséquences.
 

- La fessée expiatoire : ou comment se délivrer de la culpabilité et trouver un moyen de se faire pardonner.
Une fessée qui déplace le point de vue de départ vers les récipiendaires. Contrairement à la fessée punitive, qui se place du point de vue des règles d’une société ou d’une autorité, la fessée expiatoire a une dimension de morale personnelle : la personne fessée veut être punie ou aspire à l’être car elle estime quelque part avoir failli. Son but : retrouver une harmonie psychologique, éventuellement en rapport avec des codes moraux, certes sociaux par essence, mais qu’elle s’impose plus qu’ils ne viennent s’imposer à elle.
La fessée expiatoire est un besoin qui peut aller jusqu’au mysticisme, ou jusqu’à la notion de bouc émissaire où une personne demande à payer pour des fautes collectives dont elle se charge. Et plus le châtiment est rude, ou humiliant, et en ce cas il peut être public, encore plus « facilement » que pour les autres fessées, plus la personne fessée a l’impression de racheter les péchés ou les fautes dont elle est chargée, et qui sont presque toujours d’une extrême gravité, au moins à ses yeux.
On peut donc facilement aller vers le SM avec cette fessée dont il ne faut jamais sous-estimer la dimension morale ou spirituelle. On peut aussi rester dans le champ de la fessée punitive, surtout si un accord sur le rachat se fait jour entre personne qui fesse et personne fessée, ou dans le champ de la fessée thérapeutique aidant à donner le courage de poursuivre un chemin, l’âme allégée, si la culpabilité forme un fardeau trop lourd à supporter pour les coupables auto-déclarés, que leur culpabilité soit réelle -bien évaluée ou exagérée- ou fictive.
Certains psychologues affirment qu’en fait toute fessée a une dimension expiatoire dans le sens où tout humain se sent coupable de quelque chose. Il faudrait les confronter avec les adeptes de la fessée sensuelle : pas sûr que l’accord se fasse...

S'il te plaît, punis-moi ! (avec une belle faute d'orthographe !) 
 J'ai été une vilaine fille et j'ai besoin d'être fessée

Mon cœur, j'ai été vilaine...

- La fessée de maintenance : la piqûre de rappel, ou le garde-fou.
Elle peut tout aussi bien être administrée de façon autoritaire que réclamée par les récipiendaires. Nul besoin de prétexte, au contraire même : il n’en faut absolument aucun ! Mais elle nécessite une dimension temporelle : elle ne peut avoir lieu que si la personne fessée ne l’a pas été depuis quelques temps, à définir d’ailleurs en fonction de la fréquence habituelle des châtiments.
Cette fessée « gratuite » rappelle aux récipiendaires leur condition, et se charge en principe de leur faire se souvenir, ou leur donne juste un avant-goût, de ce qui les attend en cas de dérapage. Elle va bien sûr souvent de pair avec la fessée punitive. Certaines personnes fessées avouent en ressentir le besoin pour éviter d’aller faire des bêtises ou de laisser leur comportement se dégrader, voire pour sentir qu’on ne les néglige pas, qu’on continue bien de s’occuper d’elles, d’autres subissent juste le bon vouloir de l’autorité qui les fesse habituellement et s’y plient bon gré mal gré, sans avoir eu l’impression d’avoir mérité quoi que ce soit. C’est comme ça… Comme une pluie d’orage qui s’abat au plus fort d’un été ensoleillé, ou un signe du destin.
Cette fessée nécessite aussi une relation suivie, car elle n’a clairement aucun sens en cas de relation occasionnelle.

Une fessée est toujours nécessaire
Une petite fessée chaque soir... va conserver ces muscles fessiers bien serrés
 

A la lumière de cette classification, artificielle et critiquable comme toutes les classifications (on peut penser qu'il y manque la fessée rituelle, comme la fessée d'anniversaire qui semble fort prisée des Anglo-saxons, tout comme la fessée d'admission dans des corporations estudiantines), mais bien pratique quand même, on peut examiner à titre d’exemple la fessée de l’article précédent (Les délices de Turquie). On verra rien qu'avec cet exemple à quel point il peut être difficile de classifier les fessées.

Joyeux anniversaire !

Au départ, nulle action répréhensible, nulle envie exprimée, pas de maintenance non plus, puisque la fessée n’est semble-t-il pas dans les pratiques habituelles du couple : on ne parierait pas lorsqu'Olga commence à perdre les pédales que l’aventure puisse se terminer en retentissante déculottée. Mais alors comment en arrive-t-on à une fessée cul nu telle que « sa peau fût rouge et boursouflée et que sa croupe eût un aspect appétissant » ?

Tout provient d’une réaction nerveuse de la part de l’héroïne à la suite de la mort d’un moineau. Comme elle n’arrive pas à s’arrêter de « pleurer hystériquement », c’est elle-même qui propose à l’auteur de « lui flanquer une dégelée ». Ce qui lui vaut aussitôt « quelques claques sur ses joues humides » qu’elle ne fait rien pour éviter, mais le remède (vous me voyez venir?) n’a pas les effets escomptés. C’est alors, et seulement alors, que l’auteur se décide à passer à la vitesse supérieure.

N’oublions pas que nous sommes dans les années 60 (le livre est publié en 1969
en version originale) et qu’Olga est une jeune femme, autant dire une gamine aux yeux d’un homme mûr qui a alors passé la quarantaine. Dans les années 60, surtout en privé comme c’est le cas ici, une jeune fille ou une jeune femme n’est pas à l’abri d’une bonne fessée de la part d’un homme ou d’une femme qui a l’âge d’être un de ses parents ou qui a une forme d’autorité sur elle.

Par contre, le fait que les personnages soient amants et que cela se déroule dans leur appartement, sans témoin visuel, vaut sans doute à Olga d’avoir directement sa robe retroussée et sa culotte baissée. Elle se laisse d’ailleurs faire avec une certaine complaisance comme si elle avait cherché à recevoir cette fessée, comme si elle en avait eu besoin et elle ne se débat visiblement pas.
Pourtant, « des taloches retentissantes sur les fesses. Jusqu'à ce que sa peau fût rouge et boursouflée et que sa croupe eût un aspect appétissant », elle a dû les sentir passer ! D’ailleurs l’auteur parle aussi pendant l’amour de « sa croupe en feu », ce qui confirme que la fessée n’était pas pour rire ! Olga s’en est pris une vraie, et une bonne !
 


L’auteur ne dit presque rien sur l’état d’Olga à la fin de la fessée : on ne sait pas si ses pleurs hystériques ont changé de nature, si son action a vraiment porté ses fruits. Il mentionne juste que, pendant le coït, Olga a le « souffle entrecoupé de sanglots ». L’enchaînement du texte semble toutefois montrer qu’il n’a eu aucun mal à la pénétrer, alors qu’elle sanglote encore, comme si la fessée avait mis Olga dans d’excellentes dispositions pour faire l’amour !
Est-ce ce qu’elle recherchait en demandant à son amant dominateur de
« lui flanquer une dégelée » ? Il est en effet possible, vu le personnage, qu’Olga ait une connaissance confuse ou explicite des conséquences sur sa physiologie que peut avoir la fessée, l’ayant probablement déjà vécue pubère avec sa mère.
L’auteur ne mentionne aussi aucune résistance quant au retournement d’Olga puisque celle-ci se retrouve sur le dos pour être pénétrée alors qu’elle a reçu sa fessée sur le ventre : Olga s’est laissée faire, et a peut-être participé au fait que la culotte, simplement baissée au début (jusqu’où?), ne soit pas un obstacle au coït.
Enfin, l’auteur tient à décrire le violent orgasme d’Olga qui entre « en pâmoison en poussant des hurlements de bête si bruyants que je m'imaginais qu'ils couvraient la solennelle voix commémorative dans la rue ». Mazette, quel orgasme ! Il doit faire envie à certaines…
On sait que l’afflux de sang au niveau du bassin, comme le provoque la fessée, facilite l’orgasme, voire l’amplifie. À l’évidence, Olga en a bien profité et elle démontre une fois de plus que, contrairement à ce que voudraient nous faire croire la morale ambiante et le politiquement correct, une bonne fessée sur une adulte a des effets plus que bénéfiques sur sa santé sexuelle.

Les fenêtres de la pièce sont ouvertes, et il semblerait que tout le quartier ait aussi profité du film sonore de la fessée ! Mais cela ne pose aucun problème à Olga : ceux qui iront lire la suite du roman constateront qu’une fois remis de leur orgasme les deux personnages iront se rapprocher de la fenêtre, le bas du corps complètement nu, « fente et pine barbouillées de sperme », pour observer de leur étage les personnes attardées sur place après l’enterrement du moineau !
Finalement Olga semble
dans le livre tout à fait ravie d’avoir reçu cette cuisante fessée. Serait-elle prête à recommencer à l’occasion ?
En tous cas, cette fessée montre le pouvoir érotique considérable de la fessée, de l’effet qu’un cul tout rouge et bien chaud (« sa croupe en feu ») peut faire à la fois sur sa propriétaire, qui en a visiblement joui comme une folle, et sur son amant, que cette vision colorée a clairement stimulé (« sa croupe eût un aspect appétissant »).
Cette croupe a-t-elle un aspect appétissant ?


Et celle-ci ?

Maintenant, qu’en est-il par rapport à la classification proposée ?
Si cette fessée s’est visiblement terminée comme une
fessée sexuelle, préliminaire aux effets évidents et considérables au vu de la violence de l’orgasme d’Olga, elle a commencé plutôt comme une fessée thérapeutique destinée à faire passer à Olga sa crise de larmes (« je n'avais qu'à lui flanquer une dégelée. Alors ça lui passerait. »), lui procurant ainsi un apaisement nerveux qui lui échappe, et même par une fessée expiatoire puisqu’Olga demande quelque part à être châtiée. Le remède commence d’ailleurs par des claques sur les joues avant d’évoluer vers la fessée culotte baissée. Olga se rend compte que sa crise gêne son partenaire, elle s’en sent fautive, à défaut de s’en sentir coupable, et après avoir ouvert à son partenaire la possibilité de « lui flanquer une dégelée », il est probable qu’elle cherche à en expier la faute, ne cherchant à aucun moment à éviter ni à arrêter le châtiment qui s’abat sur sa jeune croupe qu’elle offre en holocauste à l’exaspération de son amant



Et celle-là ?

On peut penser aussi que du côté de l’auteur, la fessée thérapeutique se mêle de fessée punitive puisque « la musique » d’Olga l’importune et qu’il lui demande en vain de l’arrêter. Olga ne semble pas capable de lui obéir, ni même de faire l’effort d’essayer.
Fort de l’acceptation, voire même de la demande d
e son amante, le narrateur va donc commencer à la corriger avant de se lâcher et de lui administrer cette retentissante déculottée qui sonne quand même un peu aussi comme une sanction. La fessée n'a pas qu'une dimension thérapeutique pour Olga : elle permet aussi à l'auteur de passer ses nerfs sur la croupe dénudée de sa partenaire. 
L’expérience l’excite visiblement : outre le fait qu’il en profite pour lui baisser directement la culotte, il insiste sur le fait que le derrière d’Olga a reçu son dû directement sur l’épiderme (« cul nu dans les orties ») et il ne cache pas son plaisir de glisser ses mains « sous sa croupe en feu ». Il ne faut pas oublier que ces années d'après-guerre restent très pudibondes, même aux Pays-Bas, et que l'occasion pour des yeux masculins adultes de voir un derrière féminin nu est assez rare, et encore plus pour les mineurs !, même au sein de couples mariés : on éteint encore la lumière au moment du coït ! La fessée est donc un bon prétexte, si ce n'est le seul, pour jouir du spectacle. Je ne saurais ici jeter la pierre aux fesseurs...
Tel qu’on le voit là, si Olga lui en redonne l’occasion, je ne pense pas que le narrateur se fasse prier pour reprendre le rôle du fesseur qui prend plaisir
au passage à déculotter sa victime.

La fessée est donc un monde complexe et changeant où beaucoup de facteurs interviennent et où il est souvent difficile de marquer des limites très affirmées, voire même d’offrir une typologie claire et fiable de son territoire. On voit donc à quel point, par méconnaissance quelquefois volontaire, le monde vanille passe à côté d’une diversité, d’une richesse considérables.
Cette ignorance mêlée d’ostracisme auréolé de scandale peut expliquer pourquoi la fessée entre adultes continue à véhiculer un parfum de soufre malgré le succès d’ouvrages comme « 50 nuances », pourquoi elle peine énormément à « être reconnue à la fois comme un adjuvant sain à la sexualité, quand elle y est intégrée, et comme une pratique bénéfique quand elle est pratiquée hors sexualité active soit contre le stress, soit pour le plaisir de la découverte de sensations nouvelles, soit comme action soulageante, voire thérapeutique sur le plan psychique » comme je le précisais dans mon article du 8 août 2017sur les jeux sexuels.

Alors, quelles sont vos préférences en matière de fessée ? La classification que je vous fournis, même imparfaite, vous semble-t-elle adaptée à décrire son univers ou au moins à en comprendre les arcanes ?  
Une amie blogueuse de longue date, qui, dans un autre article, elle parle elle-même de « motif, la fameuse faute résulte d'une fausse morale qui me fait croire que je mérite une punition », confiait que : « En lisant depuis des longues années tous ce qui se rapporte à la fessée, il me semble que le nombre des dames qui parlent de la fessée expiatoire ne cesse d'augmenter. » Qui en parlent… Mais dans les actes ? En tous cas la piste semble intéressante. La réflexion est lancée, le débat aussi.

En attendant, je donne tout à fait raison à cette amie : corriger cul nu une vilaine fille s’inscrit parmi les plus grands plaisirs qui existent.


* : En août 2014, suite à une lourde défaite 6-2 à Rennes, et avant de recevoir le PSG, Pascal Dupraz avait déclaré : « Ce que j’attends contre le Paris Saint-Germain, c’est qu’on soit plus velléitaires (sic!) que ce soir sur le plan défensif. C’est tout, c’est la base du football, on ne peut pas faire autrement, sinon, on va prendre des fessées, et personnellement, les fessées, ça ne me plaît pas trop. Peut-être que certaines personnes s’en réjouissent, de prendre des fessées, pas moi ! Il y a des boîtes spécialisées pour ça, mais moi je n’y vais pas dans ces boîtes-là. »
Par un curieux effet du hasard, à l’heure où j’écris ces lignes Pascal Dupraz est l’entraîneur du Toulouse Football Club, TFC, aussi appelé le « TéFéCé ». Tiens donc...

samedi 9 septembre 2017

Jan Wolkers - Les Délices de Turquie

J'avais déjà publié cet article dans un précédent blog qui fut écrasé sans préavis ni même communication préalable "grâce" à la malveillance humaine...
Je m'en aperçus environ un mois après (je suppose...) en voulant m'y rendre après une période où je fus très occupé, avec "l'excellente" surprise de ne pas le trouver là où je l'avais laissé. Passons...
J'avais cependant gardé dans mes dossiers le travail effectué pour promouvoir certains livres contenant des passages sur la fessée, passages ensuite extraits pour constituer un article du défunt blog.
Rien à regretter : le site hébergeant ce blog était très limité en mémoire et n'accueillait pour chaque article que peu d'images, et très petites. J'ai donc pu compléter de façon heureuse l'iconographie de l'article. 

Voici donc ce travail :


Jan Wolkers Les Délices de Turquie

 Jan Wolkers (Dessin de Paul Menses, Delft).

Jan Hendrik Wolkers, né à Oegstgeest le 26 octobre 1925, mort à Westermient (île de Texel) le 19 octobre 2007) est un écrivain et artiste néerlandais.

Il a écrit peut-être les livres les plus passionnés des Pays-Bas. Bon nombre d'entre eux présentent une coloration sensuelle voire érotique et se manifestent par la fougue enflammée qui soulève style et écriture, et constitue la qualité primordiale de cet auteur. Ses romans reflètent l'origine protestante de Wolkers et se caractérisent aussi par une grande franchise sur la sexualité. Il est un des premiers auteurs avec une telle franchise. 

Wolkers, né en 1925, ne fit ses débuts d'écrivain qu'en 1961. Non seulement un tempérament, un écrivain de race, mais aussi un artiste complet, ce Hollandais est également peintre et sculpteur. Et s'il est vrai que là ne réside pas son talent principal, cela influence quand même en grande partie sa vision d'auteur, vision qui doit tant aux sens. On le considère un des grands de la
littérature néerlandaise d'après-guerre avec Willem Frederik Hermans, Harry Mulisch, Gerard Reve et Hella Haasse.
Son deuxième mariage tourne très vite au divorce. Il digère cette déception en se mettant à écrire un roman d'amour et de deuil: Turks Fruit (en français Les Délices de Turquie, 1976), traduit du néerlandais par Lode Roelandt pour les Éditions Pierre Belfond. Ce livre devient son plus grand succès littéraire: publié en 1969 le livre est adapté à l écran en 1973 par le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven avec les acteurs principaux Rutger Hauer et Monique van de Ven.

   Affiches du film



 Les acteurs Rutger Hauer & Monique van de Ven pendant le tournage (1972)

Le titre se rapporte aux loukoums, seul aliment qu'Olga son héroïne accepte lors de son séjour à l'hôpital après l'opération pour une tumeur au cerveau. L'érotisme est devenu un thème principal dans l'oeuvre de Wolkers, érotisme qui s'épanouit librement dans Turks Fruit. Le livre tout entier n'est qu'un seul et unique vertige des sens, une démonstration de virilité et de machisme, une suite d'anecdotes sur la passion d'un homme pour une jolie "rousse" (dans le livre, elle l'est, dans le film, c'est autre chose...).


 












A la fin de l’œuvre, cette femme se sent trop prisonnière du personnage masculin et le quitte pour lui revenir ensuite condamnée par une tumeur au cerveau. La mort, sinistre grand-guignol, fait partie de cet orgasme littéraire, de cette explosion de sensualité. Malgré la verdeur du langage, le livre émeut, témoigne d'une grande tendresse, d'un grand amour.

J'ai la chance de posséder l'édition française originale du livre Les Délices de Turquie datée du 29 janvier 1976. Comme vous pouvez le constater, la couverture typique de l'époque n'est guère engageante, et la quatrième de couverture présente un Jan Wolkers torturé et ne permet pas vraiment de rattraper cette désagréable impression.



Pourtant j'ai acheté ce livre, car on me promettait un ouvrage du « plus grand écrivain hollandais contemporain », doublé qui plus est d'un peintre et d'un sculpteur, ce qui ne pouvait que m'intriguer et attiser ma curiosité.
Divine surprise : dans un livre très personnel, pas toujours évident à comprendre pour un catholique français en raison de mentalités et de repères culturels différents, se nichait une courte mais splendide scène de fessée que je vous propose de découvrir aujourd'hui.
On y constatera une fois de plus à quel point une bonne fessée sans complaisance semble décupler les capacités de jouissance de ces dames...
Malheureusement, pas de photo disponible de cette scène de fessée, dont je ne sais même pas si elle figure dans le film.



Jan Wolkers Les Délices de Turquie, chapitre « Requiem pour un moineau »

Début mai, des enfants du voisinage du domicile du personnage masculin ont trouvé un moineau mort et l'ont enterré au pied du domicile du héros du livre en attendant une cérémonie plus « officielle » avec les gens du quartier.
Juste avant cette cérémonie, Olga, l'héroïne a voulu se pencher sur l'animal mort afin de vérifier s'il n'était pas toujours vivant, et cet acte l'a précipitée dans un rappel mélodramatique de tous ses proches défunts, qui déclenche chez elle des pleurs hystériques. Toutefois, pressentant l'issue de la scène, son amant l'a entre temps rappelée chez lui.

 

Elle continua de pleurer hystériquement jusqu'à ce que je lui eusse ordonné d'arrêter la musique. Mais elle n'y parvenait pas. Elle leva son visage vers moi et répondit que je n'avais qu'à lui flanquer une dégelée. Alors ça lui passerait. Elle m'expliqua qu'elle tenait cette crise d'anciens souvenirs. Que je ne pouvais comprendre. Je la gratifiai aussitôt de quelques claques sur ses joues humides. Comme elle ne cessait toujours pas de larmoyer, je la poussai sur le lit, retroussai sa robe, baissai sa culotte et lui administrai du plat de la main des taloches retentissantes sur les fesses. Jusqu'à ce que sa peau fût rouge et boursouflée et que sa croupe eût un aspect appétissant. On aurait dit qu'elle s'était assise le cul nu dans les orties. Puis je la baisai, mes mains glissées sous sa croupe en feu. Ses cheveux collés à son visage mouillé contre ma joue. Je sentais son souffle entrecoupé de sanglots dans mon oreille. Elle entra en pâmoison en poussant des hurlements de bête si bruyants que je m'imaginais qu'ils couvraient la solennelle voix commémorative dans la rue.

 
 Couverture d'une réédition