Jacques Serguine est un
auteur que tout adepte ou personne curieuse de la fessée se doit
d’avoir exploré. Personnellement, je ne trouve pas que son Éloge
de la fessée, essai de
démonstration quasi-philosophique, soit vraiment celui de ses ouvrages par lequel il
faut commencer en raison de son style volontairement précis et
détaché, mais assez alambiqué. Non, si vous voulez des émotions,
des situations insolites, allez plutôt explorer ses romans : ceux que je vous cite ci-dessous devraient vous fournir de multiples occasions de vous réjouir.
Jacques Serguine
Né en 1934 à Neuilly*,
Jacques Serguine, nom de plume de Jacques Gouzerh, est
remarqué très jeune par Jean Paulhan qui publie ses premiers textes
dans La Nouvelle Revue française. En 1959, son premier roman,
Les Fils de Rois, inaugure la collection Le Chemin
(Gallimard), et rate d'une voix le Prix Médicis, derrière Claude
Mauriac.
Assimilé au mouvement
littéraire des Hussards (mouvement littéraire français des années
1950 et 1960 proclamant que « l'art pour l'art est un appel
stérile à la liberté », qui s'opposa à l'existentialisme
sartrien alors tout-puissant, qui portait l'amour du style et
l'impertinence en étendard, et dont le noyau dur du mouvement compte
Antoine Blandin, Michel Déon, Jacques Laurent (autre adepte notoire
de la fessée sous le pseudonyme de Cécil Saint-Laurent, dont je
vous ai déjà parlé dans ce blog) et, pour chef de file, Roger
Nimier, dont le roman Le Hussard Bleu a donné son nom
au mouvement), il déclinera l'invitation par convictions politiques.
Son quatrième roman
Mano l'Archange, bien qu'unanimement salué par la critique,
se voit interdit à la vente pour "atteinte aux bonnes mœurs".
Il est par ailleurs
l'auteur du scénario original du film La Fiancée du Pirate
de Nelly Caplan, avec Bernadette Laffont.
Affiche du film "La Fiancée du Pirate"
En marge d'une œuvre
littéraire remarquée et consacrée à l'aspect sensuel des rapports
humains, Jacques Serguine est aussi l'auteur des célèbres Cruelle
Zélande (1978) et Éloge de la fessée (1973)
dont on a pu dire qu'il a donné des lettres de noblesse à cette
fantaisie érotique, mise en avant dans d’ autres ouvrages comme
Délit du corps (1998), L'Été des jeunes filles (2006),
avec
son deuxième volet L'Attendrisseur (2007),
et La Culotte de
feuilles (1992) dont je vous
présente ici un extrait qui se situe en amont des principaux
épisodes du roman (les aventures et mésaventures d’une jeune
femme est débarquée sur une île tropicale pour cause d'excès de
sensualité!) dont voici un résumé :
Débarquée sur une île prétendue déserte, la jeune Sandra découvre, sous les nuits chaudes des tropiques, l'ivresse des sens. Paresse, indolence, volupté, les sensations s'effeuillent au gré du désir et des caresses, avec des partenaires étranges, complaisants, dominateurs. D'une innocente perversité, en simple tenue d'Eve, l'héroïne se livre, s'abandonne à des ébats torrides et s'invente de nouvelles jouissances. Érotique et exotique, une invitation au plaisir...
Débarquée sur une île prétendue déserte, la jeune Sandra découvre, sous les nuits chaudes des tropiques, l'ivresse des sens. Paresse, indolence, volupté, les sensations s'effeuillent au gré du désir et des caresses, avec des partenaires étranges, complaisants, dominateurs. D'une innocente perversité, en simple tenue d'Eve, l'héroïne se livre, s'abandonne à des ébats torrides et s'invente de nouvelles jouissances. Érotique et exotique, une invitation au plaisir...
Mouais…
Ce que je peux vous mentionner, c’est que l’ivresse des sens
prendra souvent pour Sandra la physionomie d’une bonne fessée cul nu !
La particularité de cette jeune personne est que la fessée, si elle
est poursuivie assez longuement, la conduit immanquablement à
l’orgasme, quelque soit son
opposition mentale, la
cuisson dont souffre son postérieur ou la quantité de larmes
versée, particularité dont l’extrait présenté ici se fait
l’écho.
Bonne lecture !
La couverture de l'ouvrage original (1992)
La culotte de feuilles
(L'amant)
Et moi j'avais aussi
un con d'amant, il y a déjà longtemps, qui adorait me fesser. Mais
jamais quand, par exemple, on était nu, sur le point ou plus ou
moins en train de faire l'amour, de sorte que cela aurait été un
jeu parmi d'autres. Non, trop simple, je suppose. Avec lui, il fallait
se trouver déjà devant la porte du palier, on sortait pour aller
chez des amis, ou voir un film ou découvrir un nouveau restaurant.
Je m'étais faite toute belle, comme une dame qui serait une jeune
fille, avec, par exemple encore, mon chemisier en soie sans manches,
des dessous de soie, une minijupe en velours, et les craquantes
petites bottes en cuir noir qu'on portait à ce moment-là. Et d'un
seul coup :
- Attends...
Il m'attrapait par le
coude, se laissait choir sur le premier siège venu et me couchait
sur ses genoux. Ça me mettait dans une telle fureur, que je hurlais,
me tortillais comme une anguille pour arriver à me redresser.
J'aurais voulu le tuer, justement parce que j'étais si belle et
si... digne. Mais il me maintenait sans peine, par les muscles il
était le plus fort, sinon par sa cervelle de crétin. Alors voici ce
que je veux raconter. C'est qu'à la seconde même où il m'avait
remonté ma minuscule jupe au-dessus des reins, à l'instant surtout
où il m'avait épluchée de ma culotte, qu'il descendait sur les
cuisses, je cessais de bouger, fût-ce d'un millimètre, ne proférais
plus un mot ni un son. Comme si... je n'en avais plus envie. Il me
fessait à m'en faire pleurer à chaudes larmes, à me mettre le
derrière en éruption, et moi, j'acceptais ça, on aurait dit que je
trouvais ça bien. Je ne peux pas l'expliquer vraiment. On aurait dit
qu'à partir du moment où, moi qui étais une jeune fille très
élégante et très sexy, une dame en un sens, il m'avait déculottée,
mis le derrière comme à un bébé, alors j'étais un bébé. On
donne leur fessée aux bébés, et eux la reçoivent et n'ont pas
voix au chapitre et c'est tout. Il y a une autre vérité, qui est
que pour eux, les bébés, cela semble terriblement protégeant et
rassurant d'être fessé. On a toujours mérité une fessée, de
façon ou d'autre, et que l'on vous l'administre légitime l'ensemble
de l'existence, et confirme dans la plus chaleureuse intimité
l'équilibre général du monde.
Moi, je devais avoir
le cul à peu près de la couleur des cerises, et, cela va de soi,
quoique j'aurais préféré crever que de l'avouer à l'époque, je
jutais comme une laide. Alors mon crétin me remontait ma culotte,
une admirable, toute propre, que je venais juste de choisir et de
passer :
- On y va ?
C'était vraiment un
con, et même pas très bon baiseur, trop expéditif, trop personnel.
Mais pour le reste, pour ça, je lui étais attachée. Au fond le
sentiment d'être un bébé est merveilleux, quand justement on n'en
est pas un. On arrivait chez ces amis ou ailleurs, et tout en jouant
à la dame, en bavassant de tout et de rien, j'avais cette conscience
très secrète et bouleversante d'appartenir à quelqu'un, d'être,
par là, quelqu'un moi aussi, contrairement à ce que l'on dit de la
dépendance. Le derrière me cuisait encore, ma petite culotte était
toute poisseuse et, par moments, de lents spasmes me faisaient
onduler la matrice. J'existais, j'étais liée à quelqu'un qui de
façon partielle et partiale, détournée si l'on veut mais très
réelle, me connaissait.
La couverture du format poche (1994)
Mesdames, ou messieurs, c'est le moment de témoigner : la fessée vous fait-elle régresser à l'état de bébé ? Pour vous, est-il terriblement protégeant et
rassurant d'être fessé(e) ? Et à l'instant on vous épluche de votre culotte, descendue sur les
cuisses, cessez-vous de bouger ? Et mesdames, avez-vous été assez longuement fessée pour "juter comme une laide", si toutefois vous ne préférez pas crever que de l'avouer ?
J'aimerais dédier cet article à une adepte de la fessée dont, si on la croit, l'entrejambe ne reste pas indifférente à la pratique, mais qui a dû subir trop longtemps un "con d'amant" à "la cervelle de crétin", "un
con, et même pas très bon baiseur" qui a failli la dégoûter de la pratique. Elle se reconnaîtra. En attendant de pouvoir la rencontrer un jour, je lui souhaite de beaux rêves...
* : Jacques Serguine est depuis décédé le à Nemours.
* : Jacques Serguine est depuis décédé le à Nemours.
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